Lexifi.com > About LexiFi > News > Communiqué de presse, 17 novembre 2008

Vache folle et finance en folie: le chaînon manquant

L'absence d'une norme partagée de description des produits financiers entrave la gestion et la régulation des entreprises du secteur financier. Une solution d'origine française est pourtant disponible.

Paris, le 17 novembre 2008 - Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Echos, a récemment suggéré1, afin de prévenir ou de remédier à des sinistres de grande ampleur sur les marchés financiers, d'adapter les outils de traçabilité du secteur agroalimentaire à la finance.

La sous-estimation des risques inhérents à certains produits financiers, due tant à l'illisibilité des clauses contractuelles qu'aux carences des modèles mathématiques utilisés, et l'incertitude quant à l'identité des détenteurs de ces produits ont paralysé le marché du refinancement interbancaire, menaçant ainsi la distribution de crédit et donc l'économie.

Pour contenir ce " risque systémique ", M. Vittori propose la mise en place d'un système de traçabilité reposant sur une base de données centrale de contrats financiers et de positions2 qui permettrait aux régulateurs de mesurer à tout moment la concentration des risques. Un tel outil permettrait l'éradication rapide des foyers d'infection en cas de crise.

Comme le souligne M. Vittori, la mise en œuvre d'un tel outil présente des défis techniques et organisationnels non négligeables. Une question vient rapidement à l'esprit : le secteur financier s'est-il doté d'une méthode rigoureuse de représentation des contrats financiers dans un système d'information ? Curieusement, la réponse est négative. Il est frappant de constater l'absence de progrès dans ce domaine situé au confluent de la finance et de l'informatique, deux secteurs par ailleurs féconds en innovations3.

La question est, il est vrai, complexe. Il ne s'agit pas simplement d'enregistrer, pour chaque contrat, un jeu de paramètres tels que la date d'échéance, les devises de paiement ou encore la liste des actifs dont l'évolution de prix conditionne l'exécution du contrat. Le défi consiste à créer une définition, lisible par un humain et exploitable par un ordinateur, qui satisfasse trois objectifs :

  • décrire de façon précise et exhaustive les droits et obligations des parties,
  • se prêter à des manipulations diverses ayant pour objet, par exemple, l'estimation de la valeur du contrat et de son risque de crédit, ou la gestion automatisée de ses clauses,
  • refléter l'évolution du contrat dans le temps.

La société française LexiFi a résolu le problème de la représentation des contrats financiers dans un système d'information. LexiFi a en effet créé l'unique langage formel de description des contrats financiers. Ce formalisme original est le fruit d'un effort de recherche et de développement à long terme engagé il y a près de dix ans, en collaboration avec Microsoft Research. L'outil fut développé à l'aide de technologies issues de l'INRIA, l'Institut National de Recherche en Informatique et en Automatique.

Les travaux de LexiFi sont essentiels pour améliorer la transparence du secteur financier. La diffusion d'un outil performant de description des produits financiers concourt au bon fonctionnement des marchés et à la sécurité des entreprises du secteur financier comme à celle de leurs clients.

1 Jean-Marc Vittori, "Ce que la vache folle peut apprendre à la finance en folie", Les Echos, 6 novembre 2008, page 18.

2 Le sujet fut évoqué le 13 novembre 2008 dans un contexte de régulation des hedge funds à l'occasion d'audiences organisées par le Congrès des Etats-Unis. Voir "Hedge Funds and the Financial Market", Committee on Oversight and Government Reform of the US Congress. En particulier : témoignage de David S. Ruder (PDF), pages 7-8, témoignage de James Simons (PDF), page 7 et transcription préliminaire des audiences (PDF), lines 259-271, 709-721, 731-733, 1287-1297, 1786-1836, 2203-2213, 2742-2779 et 3174-3231.

3 Des personnalités du secteur financier commencent s'en émouvoir. Kenneth Griffin, Fondateur et Président de Citadel Investment Group, a declaré le 13 novembre (voir note 2 ci-dessus): "un des défis que nous devons relever est de disposer d'un langage commun pour décrire les produits dérivés. Chaque entreprise utilise un jeu différent de terminologies et de représentations pour décrire ses portefeuilles de produits dérivés". Voir vidéo, 01:17:08.

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